Oubliez les clichés sur les “voyages de rêve” ou les “expériences à vivre une fois dans sa vie”. Pas besoin de transformer les aurores boréales en mythe inaccessible pour ressentir le frisson de leur apparition. Partir en Islande pour les voir, c’est accepter de jouer avec la météo, la patience et la magie brute du ciel. Mais avant de réserver son billet, il faut savoir à quelle saison tenter sa chance. Les détails sont ici, sans détour.
Quelle période de l’année pour voir des aurores boréales ?
En Islande, les aurores boréales ne se laissent pas admirer toute l’année. Il faut viser la période où la nuit reprend ses droits et offre au ciel toute sa profondeur. C’est entre octobre et mars que les chances de voir ce spectacle sont optimales. Pendant ces mois, l’obscurité s’installe tôt, la nuit s’étire, et les conditions se conjuguent pour que le ballet lumineux ait lieu.
Cela dit, les plus impatients ou les plus chanceux peuvent déjà apercevoir des aurores à partir d’août, et parfois jusqu’à la mi ou fin avril. La saison s’étend donc, mais la fenêtre idéale reste centrée sur l’hiver.
Il existe aussi un autre moment de l’année où les aurores gagnent en intensité : autour des équinoxes. Lorsque le jour et la nuit se partagent presque équitablement les heures, entre le 20 mars et le 23 septembre, le phénomène a tendance à se manifester plus souvent et de façon plus marquée. Les passionnés surveillent donc ces dates avec attention.
En revanche, inutile d’espérer quoi que ce soit en mai, juin ou juillet. Durant ces mois, la lumière envahit l’Islande jusque tard dans la nuit : il ne fait pas assez sombre pour que les aurores soient visibles, même si elles se produisent au-dessus des nuages.
Quelles sont les conditions pour voir des aurores boréales ?
Pour espérer croiser une aurore boréale, il ne suffit pas de lever les yeux au ciel au bon moment de l’année. Il faut aussi que la météo joue le jeu. La première règle, implacable : l’obscurité. Les lumières dansantes n’apparaissent jamais sous un ciel trop clair. Plus la nuit est noire, plus le spectacle est impressionnant.
Ensuite, il faut que le ciel soit dégagé. Les nuages sont l’ennemi numéro un des chasseurs d’aurores. Rien de plus rageant que d’attendre des heures pour voir le ciel s’illuminer… derrière un épais manteau de brume. Quelques applications ou sites spécialisés permettent d’anticiper les prévisions et de maximiser ses chances.
La lune, elle aussi, a son mot à dire. Une petite lune, discrète, laisse toute la place aux aurores ; une pleine lune, au contraire, noie le ciel sous un halo trop puissant et atténue la magie. Si possible, privilégier les nuits où la lune reste en retrait.
Enfin, la pollution lumineuse peut tout gâcher. Plus on s’éloigne des villes, plus les couleurs gagnent en intensité. Ceux qui veulent vraiment en prendre plein la vue filent hors des agglomérations, là où la nuit est totale. L’idéal ? Se poster dans la campagne islandaise ou sur une plage isolée, loin des lampadaires et des phares de voiture.
Comment mener la chasse des aurores boréales ?
Pour transformer l’attente en aventure, beaucoup choisissent de partir en “chasse” des aurores boréales. Cela demande un soupçon d’organisation. Louer un véhicule permet de suivre les prévisions météo et de se déplacer rapidement vers les zones les plus prometteuses. Certains islandais n’hésitent pas à parcourir des dizaines de kilomètres dans une même nuit pour multiplier leurs chances.
Ceux qui préfèrent se laisser guider optent pour une excursion organisée. Plusieurs agences locales proposent des sorties nocturnes, encadrées par des spécialistes qui connaissent les meilleurs spots et savent interpréter les signaux du ciel. C’est un moyen efficace de profiter du spectacle, sans se soucier de la logistique.
Quels sont les meilleurs endroits en Islande pour observer les aurores boréales ?
Le territoire islandais offre une multitude de points de vue pour admirer ce phénomène céleste. Il existe cependant des endroits qui reviennent souvent dans les récits des voyageurs et des photographes aguerris :
- Le parc national de Thingvellir, à une quarantaine de kilomètres de Reykjavik, séduit par ses vastes étendues dégagées. Ici, le ciel nocturne s’ouvre sans obstacle, laissant toute la place aux lueurs vertes et violettes.
- La montagne Kirkjufell, près de Grundarfjördur, sur la côte nord-ouest, s’impose comme une star des cartes postales. Sa silhouette reconnaissable donne une profondeur unique aux clichés d’aurores, les photographes s’y pressent chaque hiver.
- Le village côtier de Vik, au sud-ouest, attire lui aussi les amateurs. Entre plages volcaniques noires et ciel d’encre, l’endroit offre un contraste saisissant. La lumière des aurores se reflète parfois sur le sable sombre, créant des images hors du commun.
Quels équipements et astuces pour photographier les aurores boréales en Islande ?
Pour capturer ces instants rares, mieux vaut arriver bien préparé. Un trépied reste indispensable pour stabiliser l’appareil photo lors des poses longues. Sans lui, les traînées de lumière risquent de se transformer en flou artistique… pas toujours voulu.
Ne négligez jamais les batteries de rechange. Le froid a vite fait de vider les accumulateurs, et rien n’est plus frustrant que de rater LA photo pour une panne sèche. Glissez aussi quelques cartes mémoire supplémentaires dans votre sac pour ne pas devoir faire de tri à la va-vite sous les étoiles.
Côté objectif, un grand-angle entre 14 et 20 mm permet d’englober toute la scène, du ciel jusqu’à l’horizon. Les modèles lumineux (f/2.8 ou moins) sont à privilégier, car ils captent la moindre lueur.
Une fois le matériel prêt, choisissez le bon spot. Les montagnes comme Kirkjufell, déjà citées, offrent des décors spectaculaires. Mais le moindre champ éloigné des lumières peut faire l’affaire si le ciel est clair.
Jouez avec les réglages : testez différentes expositions, ajustez la balance des blancs pour obtenir des couleurs qui claquent, et n’hésitez pas à multiplier les essais. Chaque aurore a sa palette, chaque cliché sa surprise.
Avant de partir, consultez toujours les prévisions météo et les alertes d’activité solaire. Les nuits de septembre à novembre sont souvent propices, avec un ciel plus sombre et des aurores fréquentes, mais la météo islandaise reste imprévisible. Rester flexible, c’est déjà faire un pas vers la réussite.
Rien n’égalera le souvenir de cette première lueur verte qui fend la nuit islandaise. L’attente, le froid, l’excitation : tout s’efface quand le ciel s’enflamme. À chacun d’aller chercher sa propre nuit magique, là où l’Islande laisse tomber le rideau.


